Wednesday, July 27







J'avais 14 ans comme toi, jeune gothico-emo-punk-rockeur. J'avais 14 ans, et je me baladais comme toi dans les rues de Paris en remuant les chaînes accrochées à mon baggy noir et en hochant la tête sous mes cheveux sombres et longs au rythme de types tels que Marilyn Manson ou Linkin park. Moi aussi, jeune pd, je portais trop d'eye-liner et mes copains avaient des pseudos genre Mogwaï, Kawaï ou Fucker. Tu bois des bières devant le lycée en écoutant ton pote punk à chien jouer un air des Stones et tu te la pète en regardant les ringards fringués fashion, tu leur crache à la gueule en te foutant d'eux et en clamant haut et fort que jamais tu ne rentrera dans leur système pourri, anarchie fuck j'aime pas mes parents je chie sur le monde et je crache à la gueule de l'état. Tu porte tes slip-on à damier et ton slim rose d'un air méprisant et tu te vantes presque d'avoir un rat et de boire des panachés dans les caves le Samedi soir entre deux sniffettes de poppers. Tu fais des réunions avec tes potes dans le but de décider quelle photo de quel rappeur tu va brûler en place publique Mercredi prochain devant une bande de haters qui se sont jurés de ne jamais prononcer un mot de "Juicy" de Notorious BIG et de plutôt crever que de connaître une syllabe de "Who am I?" de Snoop Dogg.

Tu es jeune. Et ce n'est pas ta faute. Tu es jeune, je l'ai été aussi. Tu es jeune, tu grandira.
J'ai été comme ça et je comprends ton désarroi. J'ai aussi écouté les vieux (mes parents ou des types de deux ans de plus que moi...) déblatérer ce que j'estimais à l'époque être un bon tas de conneries infâmes, sur le fait que l'évolution de l'adolescent passe par de multiples étapes, que les choses changent et que les opinions d'aujourd'hui ne seront pas celles de demain. Dans l'optique philosophique du "No future" d'antan, on préfère les envoyer se faire foutre, remettre une couche de rose sur nos joues et repasser en speed à l'Indien boutique histoire de signaler à ses potes que ses parents sont débiles, et que vous serez bien quoi qu'il arrive à la teuf de Darkside ce soir parce qu'un hamster ne se sacrifie pas tout seul.


Le problème, c'est qu'avec l'âge, tout ce que les vieux ont pu dire prend tout son sens. Les avis changent, les esprits évoluent, et ce qui te paraissait débile voire imbuvable hier, commence à te faire de l'effet. Ton booty commence à shaker sur du Lil'Jon et ta mère te parais moins chiante. Tes potes commencent à te renier, mais c'est normal, certaines personne n'évoluent pas. Tu vois tu commence à comprendre.
Soudain les beats enragés de Dr.Dre ne te semblent plus si inutiles que ça et les pétasses des clips commencent à te faire bander plus que ta copine au teint blanc de Neuilly-sur-Seine Mélanie aka Gothika. Lil'Wayne a tout d'un coup l'air plus sexy que le chanteur de Placebo








et Rick Ross a l'air tout à fait moins con que celui de The Cure.





Le monde commence à s'éclaircir à la lueur des diamants de la montre de 50cent et au contact de l'éclat du soleil sur les nouvelles bouteilles de champagne de Jay-Z. Les paroles qui te dégoûtaient te parlent désormais car tu n'as plus envie de mourir et le billet vert a remplacé les idées noires.
Fais ce que tu veux, hurles, tapes toi la tête contre les murs, tue ton chien et ton hamster, bourres-toi la gueule au panaché si tu y arrive, mais quoi qu'il se passe, quoi que tu en penses, laisse venir gamin, dans trois ans maximum tu te regardera d'en haut, tu te demandera ce qui a pu te passer par la tête, et tu te rendra compte que le rap t'as eu.

2 comments:

Anonymous said...

ouais mais ça veut dire qu'il te reste toujours un peu de colére. t'as vu.

Ophélie said...

De la colère? Toujours :)